un jour sans fin

 

Il aura commencé sous la pluie, sur fond gris, tranquille. Petit à petit, les gouttelettes se sont étoffées et nous voilà ce midi bien humides à la chasse aux grenouilles, un sandwich à la main le long de ce canal… Objectif : atteindre l’Elbe dans l’après-midi pour, peut-être, se tester avec notre caravanes de 4 chameaux dans ….un train ! Lire la suite

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Farvel

 

Les éléments semblent nous retenir. Voilà maintenant sept jours que nous foulons de nouveau le pays d’Andersen et bien loin de nous ce climat estival, quasi méditerranéen, que nous avait offert la Suède. Lire la suite

Demi teinte…

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Il semble bien loin le rythme apaisant des cités scandinaves vêtues d’ocre. Copenhague n’y appartient pas. Serait-ce ces nuits au clair du jour estival qui rend la Suède si paisible ? Ou le jaune-orangé qui habille la capitale danoise qui la rend si nerveuse ? Je n’en ai pas la réponse.  Lire la suite

Ocytocine…hormone de l’attachement

Les voyages, la vie nomade bousculent les repères…les nôtres mais aussi ceux des gens que nous croisons. Ces belles rencontres, courtes et intenses, capables de bousculer à jamais. Telle est la vie à bord de Biporteur forever.

Il y a aussi, comme en mer, ce huis clos. Nous sommes liés les uns aux autres pour le meilleur et pour le pire.
Et la vie de couple, me direz-vous ? Il faut, en effet, avoir les hormones en ébullition car il te faudra surmonter quelques obstacles.
Commençons par la fatigue. Le nez au vent toute la sainte journée, les cuisses et les mollets en effort constant, le mental suivant le tout, digne voiture balai, il se doit d’être présent dans les coups de pompe ! Alors le soir se peaufinant, te restera-t-il encore un peu de courage ?
Oui ? Parfait.
Tu as pris soin de mettre dans tes bagages ta progéniture, rappelle- toi, tu voulais leur faire découvrir le monde, qu’ils voient les différences comme une force, qu’ils goûtent à la persévérance, la réalisation d’un rêve…et ce soir…ils sont là aussi ! Ils ont faim, ils ont la couleur d’un chemin de terre et portent sous les ongles tout le peuple des minimoys ! Ils te faudra donc réaliser tes tâches de parents accomplis… Quand arrivera l’heure de l’histoire…
Dans ce petit habitacle qu’est la tente, tu devras t’armer de patience jusqu’à ce que Morphée, enfin, accueille tes baroudeurs en herbe.
L’idée d’un petit câlin est toujours en toi ?
Alors maintenant, pries. Pries pour que le dieu des cyclos soit avec toi. Qu’il est veillé à ne pas comprimer le canal pudendal de ta moitié, qu’il est pris soin de ne pas faire cultiver de champignons entre ta selle et toi, que le vent, les pentes de la journée et la transpiration aient laissé le cliché sexy du muscle luisant dans l’effort sous un effet coiffant l’Oréal dans l’œil lubrique de ton partenaire. Parce que tu le vaux bien ! 
Alors…l’amour est à l’épreuve des balles et dans cet habit de toile, dans la douceur et la lueur d’un soir scandinave, avec le chant de oiseaux roulant les R suédois comme fond sonore, laisse-toi aller, si méritant, ce moment sera un doux morceau de chocolat fondant dans la bouche à bonne température…en mieux !
Tu regagneras toi aussi le royaume de Morphée le sourire aux lèvres, il est plus de minuit, dans quelques heures tu vas remonter sur ta selle, produire une quantité d’endorphines tellement indécentes que le sourire ne te quittera plus… Et ton ocytocine, hormone suprême de l’amour, éclabousse à longueur de journée ton aimé, n’es crainte, de l’envie il restera toujours…  

Mirage-virage

Immersion suédoise…

Installez-vous, fermez les yeux, respirez tranquillement, on y va !
La route est raide, longue et sinueuse ( comprenez : 10%, 62 km sur la journée et les montagnes du haut Doubs). Les voitures sont rares et viennent rompre un silence troublant lorsqu’elles passent. Nous sommes sur les flancs de Suède. D’un côté, de la roche claire où poussent, par on ne sait quel miracle, des sapins collés les uns aux autres et qui donnent cette obscurité propre aux forêts de conifères. De l’autre, une vue sur l’un des nombreux lacs qui humidifient le pays ou sur une autre forêt, en contre bas cette fois où la terre plus fertile aident les sapins à atteindre les 15 mètres de hauteur. Le paysage a quelque chose de grandiose et d’oppressant à la fois. Le silence, la sensation d’être seuls, des maisons isolées de bois peintes en rouge semblent plus mystérieuses qu’accueillantes, leurs trolls mystiques sculptés ça et là nous regardent passer. Régulièrement, ce paysage laisse place à un zone de forêt défrichée. Il semble qu’un géant en colère a tout dévasté sur son passage ou, comme le ressent Eliott, on arrive après la guerre des arbres. Votre imagination commence à dresser le décor ?
Dans cette atmosphère mi féerique, mi satanique, débarque un orignal… Emblème du pays, il semble que cet animal est un brouillon de la création. Il fait tenir sur 4 longues pattes de chevreuils, un corps qui semblent bien trop musclé pour ses membres. Son encolure démesurée rappèle à s’y méprendre celle du cheval qu’on aurait esquissée sur un premier dessin. Quand à son nez, « C’est un roc !… c’est un pic ! . . . c’est un cap !

Que dis-je, c’est un cap ?… C’est une péninsule ! »

Il nous regarde, interloqué par ce drôle d’équipage. Nous faisons de même, abasourdis par sa gigantesque taille et cette rencontre lunaire.
2 222 kilomètres se sont affichés au compteur aujourd’hui. Les yeux toujours écarquillés, les cuisses et les mollets plus aiguisés que jamais, une lichette de regret pour ne pas rouler jusqu’à Stockholm, nous amorçons officiellement le demi tour. Ce soir à Åsa ( prononcez ossa), régalez-vous petits moucherons tigres, bientôt nos peaux ne seront plus dans les parages !

Décision

Un rendez-vous pour des retrouvailles familiales à Göteborg, nous a fait mettre pied à terre pendant quelques jours. Nous prenons une vague de la réalité du quotidien en pleine figure.

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Göteborg

Prononcez « geuteborg » lorsque vous parlerez de cette ville en soirée mondaine! 
C’est d’abord par la mer que nous t’avons découverte. Posée sur des rochers couleur rose granit, nous avons vérifié nos billets, nous serions-nous trompés de destination ? On se croirait à Perros Guirec ….. en bretagne! Mais non, c’est bien en Suède que nous débarquons et à mesure que la ville approche, de bretons, il n’est plus question !
Tu es grande et tranquille à la fois. Construite au XVII ème siècle, par les hollandais of course, tu as des allées pour chaque mode de transport et voitures, tramways, bus, vélos, piétons se croisent sans encombre, sans klaxon…d’ailleurs les volvo en sont-elles pourvues ? C’est vraiment à se le demander. Tes habitants vivent tous en immeuble, tel est le deal que vous avez conclue ensemble et en retour c’est 175 m2 de verdure par tête que tu leur offre!!! Mais chez toi, c’est culturel, on partage la laverie, le bureau, la cuisine et le jardin ! Ton camping d’ailleurs veut nous faire vivre à ta manière et nous sommes dans cet enclos de 100 m2 pas moins de 6 tentes à se partager….les sardines 😉
Mais en Suède, on travaille à la ville et on s’y entasse volontiers car lorsque le soleil boude le fond de son lit, on court, pédale, vole, nage, randonne, kayake vers la nature où chacun est libre de dormir où bon lui semble ( le droit de cueillette !!) et où tout bon suédois qui se respecte possède sa cabane de trappeur rouge, perdue dans la verdure…
L’homme moderne de Suède n’est pas blond ! Il est plutôt…barbu, le crâne à blanc, porte sa chemise à carreaux de bucheron et un béret – casquette mais avec un flegme anglais sympathique et il arbore, même en pleine semaine, sa poussette avec tout ce qu’elle contient, peut-être plus que sa moitié !! 
Reste à parler de ta journée, Göteborg, celle qui dure plus que de raison et où les oiseaux et leurs chants ne nous aident pas à nous réveiller puisque sans pause et sans relâche, ils chantent…et c’est désespérément que l’on peut attendre que le dieu incas s’endorme… Il change tout juste sa couleur, nous faisant croire pour quelques heures qu’il revêt son pyjama mais…ce n’est qu’un leurre…curieuse sensation, a – t – dormi entre tes murs, göteborg, est -ce un doux rêve ?